Biennale de la photographie
Loin de la rigueur de l’exposition panafricaine qui se déroule au Musée nationale et au Palais de la culture de la culture, les rencontres africaines de la photographie se déploient de manière efficace dans la partie non officielle. La fête de la photographie dans les quartiers de Bamako Bamako mardi 10 novembre 2009. Il est 20h au « Blabla Club », une espèce de cabaret très fréquenté par les couches tard de la capitale malienne, et situé au quartier Badalabougou. Il y a un monde fou dans le club. Des européens, des asiatiques, mais aussi des africains dont la plupart sont les festivaliers de la 8è édition Rencontres africaines de la photographie. Ce soir doit avoir lieu le vernissage de l’une des expositions les plus en vue dans la programmation de la partie non officielle du festival. Le « Off » comme l’appellent les professionnels. L’évènement a attiré tout le quartier Badalabougou. Ici vivent en symbiose, diverses nationalités dont les ivoiriens, les bukinabe, les libériens, les mauritaniens et naturellement les maliens de toutes les tribus. L’ambiance est celle d’une fête culturelle entre artistes et la population. « Je crois que la Biennale a atteint son point culminant ce soir. Nous sommes au Blabla. Et quand on y est on se laisse aller », lance les yeux pleins d’enthousiasme Amadou Keita, un jeune photographe amateur. Les bus des festivaliers arrivent au fur et à mesure. Dont celui des journalistes. Il faut dire pour cette édition de la Biennale photographique, la presse internationale surtout française a quasi massivement fait le déplacement de la capitale. Grâce notamment à une action très efficace de Culturefrance que dirige Olivier Poivre D’Avor. C’est ainsi qu’il y à Bamako des confrères de tous les quotidiens sérieux de l’Hexagone que sont le Monde, Le Figaro, Le Parisien, La Croix pour ne citer que ceux là. Tout comme une critique américaine du très sérieux Sunday Times est venu vivre cette fête à la photographie africaine. Les confrères africains ne sont pas en reste. Ils sont venus de Rdc, du Burkina Faso, de Côte d’Ivoirien du Sénégal d’Afrique du Sud, du Swaziland, du Maroc, de Tunisie et du Cameroun dont le reporter du Messager auteur de ces lignes.
Ce soir du 10 novembre pour la grande du « Off » au club Blabla de Badalabougou, la bière coule à flot. Des jeunes filles au regard envoûtant sont de service sous les ordres de Sissoko, le patron des leix. Cet homme au physique impressionnant distribue les ordres à ses employées pour quelque celle-ci soient plus vives et plus diligente face au nombre des clients et des festivaliers qui affluent. Une musique de Oumou Sangaré, l’une des stars maliennes de la chanson anime l’ambiance qui gagne en intensité lorsque arrive Samuel Sidibé, le délégué général à l’organisation des Rencontres Photographiques de Bamako. Le vernissage peut commencer. Pas de discours juste le regard sur cette exposition qui met en vue le travail de cinq photographes. Il s’agit de Fatoumata Diabaté, Kays Djilabi tous maliens, et Camille Millerand, Freddy Muller et Anaïs Pachabezian qui eux sont eux européens. On sait que la thématique générale de Bamako 2009 porte sur les frontières. Les quatre photographes ont choisi de dire leur sujet sur le sous thème de « Aux portes de l’Afrique ». L’ensemble des œuvres photographiques traitent des difficiles questions de vie en Afrique et de l’immigration. Fatoumata Diabaté, a un doigté particulier sur son objectif. Elle a reproduit dans une vivacité colorable les différentes formes de vie à Bamako. Des quartiers relativement huppés à la misère la plus noire des quartiers et des carrefours de la capitale malienne et de l’intérieur du pays. Il y a un certain trouble lorsqu’on entre dans le style photographique de cette jeune femme. C’est que son espièglerie est à la fois jaillissante et vivifiante dans on écriture photographique. Au point où on peut garder des heures durant pour scruter les choix des plans et des cadres. En fait le travail artistique de l’ensemble des photos réside dans la coloration de celle-ci. Fatoumata Diabaté dit un sujet grave, mais lui donnant un accent dédramatisé. Notamment en voulant monter par l’image comment les gens vivent chaque jour dans cette partie de l’Afrique qu’est le Mali. Il en est de même de Kays Djilabi. Sauf que ses plans sont rapprochés, donnant à voir dans leur dimension les plus comiques les drames humains de la pauvreté d’humanisante des enfants qui n’ont rien à manger ou alors qui affiche leur courage dans leur lutte pour la survie quotidienne.
Freddy Muller Camille Millerand et Anaïs Pachabezian ont choisi le noir et blanc pour mettre en scène les visages des migrants maliens dans les pays où ils se sont établis. En montant leur visages dans les conditions qui se sont les leurs aujourd’hui, suivi de leur différents messages, ces photographes ont ainsi traduit politiquement la difficile question des migrants africains. En demandant qui en Afrique pourrait résoudre question du rejet de l’autre tel qu’on le voit ici et la.
Lorsqu’on a fini de regarder cette exposition, on reste nébuleux dans l’esprit. Tellement on se demande comment l’Afrique peut continuer à vivre de tel désastre alors que nos politiques disent travailler pour notre progrès. Du coup l’attitude commune immédiate des festivaliers est celle de vivre à fond cette présence au Club Blabla. En gardant sous le regard de manière mis conscient cette exposition photographique captivante, tout comme celle que dévoile toute la sélection non officielle de ces 8è Rencontres africaines de la Photographie.
Jean François CHANNON (Cameroune)