AYRSON HERÁCLITO

Musée National du Mali

Commissaire / Curator : Bisi Silva

Salué pour son utilisation conceptuelle de la photographie, de la vidéo, des performances et des installations, le travail d’Ayrson Heráclito explore les récits d’esclavage et la manière dont ils se manifestent dans les formes contemporaines de la culture brésilienne. Par l’utilisation de matériaux majoritairement organiques — sel, sucre, viande ou huile de palme — l’artiste charge des ingrédients anodins et quotidiens de strates de significations historiques et culturelles qui relient le Brésil à son passé africain. Heráclito questionne ainsi « l’oubli » d’un passé qui influe toujours fortement sur le présent.

L’exposition est composée de deux pièces réalisées par l’artiste. La série photographique à caractère performatif d’Heráclito, Bori — Offering to the Head (2008 – 2011) se concentre autour du thème prédominant de la religion syncrétique qu’est le candomblé. Inspirée par la coutume afro-brésilienne qui consiste à offrir de la nourriture « à la tête » lors de cérémonies religieuses, Bori comprend douze images couleurs élégamment composées, chacune d’entre elles tirées de différentes performances de l’artiste lors desquelles la nourriture est sacrifiée en l’honneur d’une divinité. Tenant son titre de la fusion des mots Yoruba bó (signifiant « offrant ») et ori (signi- fiant « tête »), la série est composée de portraits de personnes allongées sur des nattes de raphia et dont les têtes sont entourées de denrées alimentaires aux couleurs vives. Sur les photographies, les participants aux performances d’Heráclito apparaissent tranquilles et calmes, reflétant ainsi les désirs et les ambitions spirituelles qui amènent les fidèles du candomblé à nourrir leur tête.

La vidéo Funfun (2012) est un hommage poétique à Estelita de Souza Santana, l’une des dirigeantes de la Fraternité de la Bonne Mort, Cachoeira, Salvador de Bahia. Son titre vient du mot Yoruba (Nigeria) qui signifie « blanc », et met l’accent sur les significations symboliques de la couleur par le biais d’images explicites telles qu’un troupeau de hérons, ou des fidèles d’Obatalá tenant des bougies blanches et portant des robes immaculées dans le but d’exprimer la pureté spirituelle.

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO