« MABAREBARE »


Une mise dans le… bain pour une révélation !

Le Sud-Africain George Mahashe a choisi de faire participer le visiteur à son œuvre. Une participation active pour l’un de ses deux projets et « voyeuse » pour l’autre…

Participer à une exposition sans être passif, c’est possible. Mettre une main gantée pour révéler le passé, c’est possible aussi, puisque l’artiste George Mahashe met dans le bain tous ceux qui passent par sa chambre noire installée dans le parc national.

Vous en avez assez d’être en arrière-plan dans les expositions. Vous voulez être dans la peau d’un artiste-développeur pour être au premier plan. Allez, venez, n’ayez pas peur, entrez dans l’antre de George Mahashe. Son projet vous permettra de « manipuler l’image photographique ». Comment ? Nous sommes devenus testeurs pour vous, et ce n’est pas compliqué, alors venez, entrez.
Déjà vous aurez un gant blanc pour une chambre noire. L’artiste vous tendra un rectangle blanc en carton qu’il vous demandera de mettre dans un petit bac rempli d’un liquide et vous demandera de bouger le bac d’avant en arrière doucement, pendant deux à trois secondes, pour que le liquide puisse bien « noyer » le carton. Et là, miracle, comme par magie une image apprendra devant vos yeux ébahis. C’est une véritable révélation ! Pour finir la manipulation, l’artiste vous demandera d’« étendre » votre chef d’œuvre à une corde à linge avec une pince.
N’est-ce pas un agréable souvenir pour la carte mémoire du cerveau ?

Le deuxième projet de George Mahashe est vraiment fait pour les personnes passionnées par le passé, qu’elles soient historiennes ou non, et celles qui auraient aimé posséder une machine à remonter le temps. L’artiste invite le visiteur à un voyeurisme positif : aller à la découverte d’archives coloniales concernant le peuple des Balobedu, une tribu sud-africaine appartenant au groupe Sotho.
Ce projet propose une série de diapos que l’on peut regarder grâce à deux coupes fil-loupes, objets utilisés pour contrôler le détail des négatifs ou des diapositifs de petits formats, en technique argentique. Le visiteur a l’impression de regarder par la lorgnette ou par le trou de la serrure de l’Histoire. Il se transforme, pour un petit moment, en « Big Brother vous regarde » ; voyeur du temps présent vers un temps passé et révolu mais qui revient à la vie grâce à la photographie et à l’imagination –fertile ou non– du visiteur. Chacun se racontera une histoire. Les spécialistes, eux, pourront zoomer en gros plan sur ces archives avec délices pour faire revivre un temps d’antan.

Zouhour HARBAOUI (Tunisie)

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