« THE PROPHECY » DE FABRICE MONTEIRO Art-fiction


Le mémorial Modibo Keita sert d’écrin à une exposition intitulée « To the futur and back ». Parmi les artistes qui y participent par leurs œuvres se trouvent Fabrice Monteiro, un Belgo-Béninois qui semble influencé par la mode, les contes et légendes et la science-fiction…

Fabrice Monteiro est-il un visionnaire ? Seul l’avenir nous le dira ! Cependant, ses photographies exposées au mémorial Modibo Keita sont à la fois magnifiques et effrayantes. Elles sont l’art à l’état pur et sont de la pure fiction, quoique si nous continuons à polluer notre Terre, elles risquent de passer de la fiction à la réalité.
Des êtres hybrides, nés de la pollution, dominent les terres et les mers. Ces êtres sont à la fois beaux de par leur majesté et monstrueux de part leurs déformations dues à la pollution. Où l’artiste a-t-il puisé pour créer des œuvres aussi contradictoires dans les sentiments ? Dans ses cauchemars d’enfants ? Ou dans sa vie et son bagage professionnel et culturel ? Il faut savoir que Fabrice Monteiro possède une double culture : européenne et africaine, puisqu’il est belgo-béninois. Mais cela suffit-il à expliquer son œuvre ? Certes non ! Le jeune homme a été mannequin professionnel non pas par vocation mais par passion, puisque sa formation était plutôt dans l’ingénierie industrielle. L’on peut supposer que cette formation d’ingénieur l’a aidé à tirer la sonnette d’alarme sur la destruction de la Terre par la main des humains.
Que vient faire le fait qu’il ait été mannequin, dans ses travaux ? Tout simplement parce que ses créatures hybrides, présentes dans les trois œuvres exposées –il a fait une série de neuf photographies– sont, pour la plupart, des femmes tirées à quatre épingles et sur leur 31, comme prêtes à défiler sur les podiums.
Elles sont des sortes de Mami Wata, cette divinité aquatique du culte vodoun, même si certaines ont plus les pieds sur terre. Comme Mami Wata, Fabrice Monteiro les a créées femmes extraordinaires et très puissantes. Comme elle, elles ont la peau noire et des vêtements à la dernière mode. Elles peuvent être également la sorcière de Kirikou. Mais elles seront notre hantise si nous continuons à détruire notre planète et la COP 21 n’y fera rien !
Fabrice Monteiro se sert d’objets polluants pour créer ses modèles comme dans cette photographie où l’on voit un être hybride, sortant de l’eau telle une araignée de mer, dont les pattes sont des câbles.
Et nous nous sommes câblés aux œuvres de Fabrice Monteiro…

Zouhour HARBAOUI (Tunisie)

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