Biennale africaine de la photographie : Uche Okpa-Iroha du Nigéria enlève le Grand Prix Seydou Keita


 Le photographe Uche Okpa-Iroha du Nigéria, pour son travail qui fait référence à des moments du film iconique « Le Parain » de Francis Ford Copola, a enlevé le Grand Prix Seydou Keita. Le jury a salué son approche novatrice.
 
Ils sont connus, les lauréats de la 10ème édition des Rencontres de Bamako. Le 3 novembre 2015, le jury de la 10ème édition de la Biennale africaine de la photographie a levé le voile sur les noms des photographes et vidéastes qui ont marqué cette édition par la qualité de leurs travaux.
 
Composé de Solange Farkas, Ngomé Fall, Kenneth Montague, Simon Njami et Alioune Ba, le jury a salué le travail de Uche Okpa-Iroha. Selon le jury, « il s’insert dans des scènes familières pour pervertir le système Hollywoodien prévalent qui exclut l’autre ». Mieux, le jury a estimé qu’ « il met a nu le système de représentation du film, propose un rétablissement puissant de l’histoire et met en place une histoire alternative ». Le Jury a estimé que the Plantation Boy, l’intitulé de l’œuvre photographique de Uche Okpa-Iroha, fait clairement référence à la condition des Africains Américains et revendique une liberté en opposition à l’époque de l’esclavage. « Nous reconnaissons l’importance et l’urgence de ce travail en relation avec la culture populaire et qui remet en cause la notion de pouvoir en pervertissant l’invisibilité des minorités dans l’industrie cinématographique », a déclaré le jury, avant remettre le prix d’une valeur de 5 000 Euro, soit environ 3 275 000 FCFA, à Uche Okpa-Iroha.
 
Le Prix Coup de Cœur du jury, prix de l’Institut français, doté d’une valeur de 1 500 Euro, a été remis à deux artistes sud africain : Lebohang Kganye et Simon Gush. Le jury a salué leurs deux vidéos.Selon le jury, le travail vidéographique de Lobohang Kganye, est à la fois une lettre d’amour à ses ancêtres et une déclaration puissante sur son pays. Son approche innovante de l’autoportrait a été saluée.
 
Quand au travail de Simon Gush, le jury l’a perçu une vidéo qui parle au monde dans une manière distante et subtile en montrant un dimanche tranquille à Johannesburg. « En choisissant une ville suractive en temps normal, il souligne les lignes et les symboles d’une activité que nous ne pouvons pas voir, mais dont l’idéologie transparait à chaque image », a estimé le jury.
 
Le Prix de l’OIF d’une valeur de 3 000 Euro, a été enlevé par notre compatriote Aboubacar Traoré, pour sa série « Inchal’a ». Selon le jury, ce travail photographique abord avec subtilité et humour les tensions géopolitiques et religieuses qui secouent le Mali et menacent tout le Sahel. Dans son analyse de l’œuvre de Aboubacar Traoré, le jury dira : « Ces individus casqués sans visage, telle une armée de fantômes ou de soldats, sont le reflet de nos propres peurs ». Avant d’ajouter que ce prix récompense le courage d’un photographe qui utilise des images métaphoriques pour prendre position contre l’obscurantisme.
 
The Tierney Bamako Award est revenu à Em’Kal Eyongakpa du Cameroun pour son œuvre vidéographique qui est installation multimédia qui intègre des éléments de photographie, la vidéo et le son pour explorer l’idée de la condition humaine.
 
Ce prix offre l’opportunité à l’artiste camerounais de pouvoir développer un projet sur une durée de 15 mois. Il sera suivi et conseillé par le Market Photo Workshop (Johannesburg), où il pourra participer à leurs ateliers.
 
Le Prix Léon l’Africain de la RAM qui récompense la meilleure photographie de voyage, est revenu à George Senga de la RDC. Selon le jury, Georges Senga, nous entraîne dans un voyage mental à travers l’histoire en prenant pour symbole la figure mythique de Patrice Lumumba. « Dans une hétéchronie pleine de poésie, il fait revivre le leader assassiné dans une incarnation contemporaine, comme pour nous signifier que les combats d’hier demeurent les combats d’aujourd’hui », a déclaré le jury. Le lauréat bénéficiera d’un billet pour 2 personnes en business class et de l’hébergement à l’occasion d’un évènement artistique à Marrakech.
 
Le Prix spécial accordé par Lanchonete.org, en partenariat avec Musagetes et Casa Tofiq à Sao Paolo, a été remis à Lucia Nhamo du Zimbabwé. Selon le jury, son travail vidéographique porte sur des évènements qui se rapportent à l’histoire récente de son pays.

 Assane Koné (Mali)
 

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
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