Photographie africaine : LES RENCONTRES DE BAMAKO REVIENNENT DU 31 OCTOBRE AU 31 DECEMBRE


Après deux ans d’interruption, suite aux bouleversements qu’a connus notre pays, les Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la photographie, sont de retour. La 10è édition se tiendra du 31 octobre au 31 décembre sur le thème : « Telling time » ou « Raconter le temps ». La confirmation a été donnée, samedi, lors d’une conférence de presse au Musée national. La rencontre était animée par le directeur du Musée national qui est aussi le délégué général des Rencontres de Bamako, Samuel Sidibé, et la directrice artistique de cette édition, Bisi Silva.
Samuel Sidibé a salué la forte mobilisation autour de l’événement et a assuré que l’organisation était prête. Il a invité les visiteurs étrangers à venir massivement. « Notre pays fait certes face à des difficultés mais il n’est pas en guerre », a-t-il argumenté en expliquant que cette « édition anniversaire » consacre la photographie et la vidéo comme médiums d’exploration du concept du temps. Outre la dimension artistique de la manifestation, sa tenue permettra de ramener l’actualité sur des enjeux culturels, plus positifs en terme d’image et de relance économique.
Au total, 39 artistes et collectifs d’artistes ont été sélectionnés parmi 800 candidats. La thématique « Telling time » les invite à interroger la notion du temps afin de proposer de nouvelles manières de penser le passé, débattre du présent et imaginer le futur.
Quatre sites ont été retenus pour les activités de cette 10è édition : le Musée national du Mali, le musée de Bamako, le mémorial Modibo Keïta et l’Institut français.
Le délégué général a profité de l’occasion pour remercier le gouvernement, les partenaires nationaux et internationaux qui n’ont ménagé aucun effort pour soutenir l’évènement.
La directrice artistique a, elle, rappelé que l’un des enjeux majeurs de cette édition est l’ancrage local. Elle a expliqué à ce sujet que la programmation reflètera cet objectif à travers l’organisation de nombreuses expositions. Ainsi, au-delà de l’exposition principale « Telling time », le Musée national abritera l’exposition « Tu m’aimes » qui va s’articuler autour du célèbre ouvrage de l’Irlandais Oscar Wilde, « le portrait de Dorian Gray » paru en 1890. Le Musée de Bamako abritera aussi une exploration des archives des Rencontres de Bamako. Sont annoncées également des expositions thématiques comme « To the future and back » et « Against time ». D’autres expositions dites monographiques se dérouleront au mémorial Modibo Keïta. Des projections sont prévues dans des espaces publics, ainsi que des rencontres avec les scolaires. A l’Institut français une exposition rendra hommage à Philippe Kudjina Ayi décédé en 2014.
Bisi Silva a évoqué aussi certains projets spéciaux comme le projet d’archives publiques dénommé 1384 jours qui va illustrer la manière dont les Maliens, les Africains ont utilisé les images pour documenter en direct les changements sociopolitiques autour d’eux ou au contraire pour refuser de se confronter aux changements et évoquer des sentiments de résistance ou de persévérance. L’on retient également le focus lusophone, studio Mali.
Fondées en 1994, les Rencontres de Bamako sont organisées par le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme en collaboration avec l’Institut français. Principale manifestation consacrée à la photographie africaine, elle s’inscrit comme un lieu incontournable de révélation des photographes africains et de rencontres avec les professionnels du monde entier. La Biennale de la photographie africaine a fait de Bamako, la capitale africaine de l’image. Elle est, pour le public malien, une opportunité exceptionnelle de découvrir la richesse et la diversité de la création photographique sur le continent, des images de l’autre, proche ou lointain.


A. D. SISSOKO
source : Essor

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO