Kitso Lynn Lelliott ( Botswana)

Musée National du Mali

KITSO L. LELLIOTT
By and By Some Trace Remains (2015)

Souvent inspirée de ses travaux de recherche sur les sites historiques, Kitso L. Lelliott met en scène dans la vidéo By and By Some Trace Remains un bureau désaffecté au fin fond de Constitution Hill à Johannesburg, fouillant ainsi les empreintes du passé dans ses murs. Accessible par une trappe et adjacent à une morgue et à un bureau de la police, l’emplacement de la pièce nous invite à nous interroger sur ce qu’il y aurait pu avoir eu lieu d’autre là-bas. Bien qu’aujourd’hui Constitution Hill fonctionne comme un centre patrimonial et juridique, le site était, jusqu’à récemment, surtout connu comme centre de détention pour les activistes politiques et criminels de droit commun qui avaient enfreint la loi coloniale ou le droit du régime apartheid. La vidéo de Lelliott revisite poétiquement cette histoire en dépeignant des actes symboliques de récupération et d’effacement, comme un moyen de conter des anecdotes demeurées jusqu’alors inconnues.

Tout au long de la vidéo, notre regard vers la pièce noire se limite au cadre d’une porte aux charnières de fer. Contrastant avec les histoires soignées et méthodiques habituellement proposées dans les musées du haut de la colline, le site souterrain où est tournée la vidéo est sale et désordonné. Les couches du passé se sont accumulées dans le sédiment de la salle et une femme nettoie les débris. Des ombres dissimulent une présence, les mouvements de la femme sont audibles bien longtemps avant qu’elle ne soit vue. Vêtu de blanc, ce personnage éphémère apparaît tour à tour en domestique et en princesse, évoquant les différentes femmes ayant pu occuper les lieux. La femme nettoie et récure la pièce sans paraître avancer. On entend sa voix par intermittence à travers un souffle haletant luttant contre une étouffante poussière. Défenseur de la liberté, jeune étudiant ou domestique, le protagoniste de By and By Some Trace Remains est une femme oppressée par un système qui l’anéantit constamment, mais qu’elle doit continuer à servir.

Née en 1984 à Molepolole, Botswana –
Vit à Johannesburg

Institut Français
Ministère de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme du Mali
© RENCONTRES DE BAMAKO